Quel non événement ! Nous avons assisté jeudi dernier à un spectacle mêlant drame et faux suspense. Le ton grave employé par le Président de la République n’aura rien changé à l’idée que nous nous faisons déjà de cette intervention, dont, au passage, on ne retient pas grand chose, hormis quelques points :
- D’abord, une candidature négative : car oui, nous avons bien eu l’impression que le Président de la République ne savait lui-même pas pourquoi il était candidat. Je réfute ce refrain qu’il nous a tenu lors de son intervention télévisé, martelant que dans la tempête, on ne change pas le commandant d’un navire qui coule. Aurions-nous demandé au commandant du Costa Concordia de continuer à commander le navire après le drame que nous avons vécu ?…
- Ensuite, le slogan « la France forte » me laisse quelque peu perplexe ; parce que la « France forte » dont nous parle Nicolas Sarkozy c’est aussi la France violente, celle qui rejette, celle qui divise et oppose les Français les uns aux autres. Cette France là, nous n’en voulons plus.
- Enfin, ce qui m’a le plus frappé dans cette intervention, c’est le point de vue de Nicolas Sarkozy sur les chômeurs, comment peut-on croire qu’une personne qui n’a pas de travail n’aspire pas à en avoir ? Faut-il rappeler au candidat-président que cette stratégie consistant à désigner un bouc-émissaire comme étant responsable des maux des Français a déjà fait beaucoup de mal dans notre Histoire ?
Au final on aura vraiment assisté à un non-événement : tout s’est passé comme si le Candidat Président tentait de faire croire qu’il est le contraire du Président Candidat ! Jeudi dernier, sur TF1, c’était presque « la vérité si je mens »…