Je reviens du Sénégal, pays dans lequel je me suis rendu à plusieurs reprises et que j'affectionne particulièrement. L'an dernier déjà la question de l'élection présidentielle était sur toutes les lèvres; mais aujourd'hui nous ne sommes plus qu'à soixante jours de l'échéance et la tension monte dans le pays.
Le président sortant Abdulaye Wade a fait connaître son intention de se présenter pour un troisième mandat mais la contestation envers sa personne et sa politique ne cesse de croître. Wade brigue un nouveau mandat à 85 ans -certains disent plus encore- mais surtout il prétend concourir pour la troisième fois, en contradiction avec la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux, qu'il avait lui même inscrit dans la constitution peu après son arrivée au pouvoir. Il argue pour cela du fait que son premier mandat ne devait pas figurer dans le décompte...subtil. Le Conseil constitutionnel doit se prononcer prochainement sur cet aspect, mais après l'investiture qu'il vient de recevoir récemment de son parti, Wade peut compter sur un organe qu’il maîtrise bien…
Tout cela est navrant, car c'est l'image même de ce pays, considéré depuis Senghor comme un exemple démocratique, qui s'effrite. Cela est navrant car le peuple s'enfonce dans une paupérisation grandissante, tandis que certains dirigeants s'enrichissent de façon éhontée.
Malgré de grands travaux à connotation pré-électorale le pouvoir en place se comporte de façon semblable à ces dirigeants en fin de règne qui perdent le sens des réalités.
Nous ne pouvons qu'espérer que la tension actuelle ne débouche pas sur l'exaspération, sur des troubles générateurs de violences. Pour cela il faudrait que les Sénégalais changent démocratiquement de pouvoir en février 2012. Ils le méritent.
A l'aube de cette nouvelle année, je formule le souhait que nous puissions fêter au cours de ces prochains mois les changements de gouvernants en France et au Sénégal, pour aller ici et là-bas vers plus de justice et de démocratie!
C'est d'autant plus dommage qu'après Abdou Diouf, et ce changement démocratique très intéressant qu'il a permis et, je me souviens, de ce grand nettoyage du pays, pour une fois au sens propre!, tout s'annonçait pour le mieux pour le président Wade. La transition démocratique était en route, l'alternance, les partis, la presse, etc. Vraiment dommage, encore une fois.
Même pas de droite, j'avais espéré de ce président aurait fait beaucoup mieux pour les Sénégalais qui le méritent.
C'est peut-être à eux de le dire maintenant.
Benoit
Rédigé par : Benoit | 02/01/2012 à 21:44